Pat Metheny
Sixun

Soirée

Pat Metheny Side-Eye

W/ Chris Fishman & Joe Dyson

S’il y a bien quelque chose de fascinant chez Pat Metheny, c’est son extraordinaire faculté à constamment évoluer, quel que soit le contexte dans lequel il évolue. Cela fait plus de quarante-cinq ans que son odyssée phonographique a commencé, en trio, en 1975, avec le batteur Bob Moses et le génial Jaco Pastorius à la basse électrique. Depuis, ce virtuose et novateur de 68 ans qui a influencé un nombre incalculable de musiciens – pas seulement des guitaristes… – et travaillé avec les plus grands (d’Ornette Coleman à David Bowie en passant par Michael Brecker, John Zorn, Abbey Lincoln, Meshell Ndegeocello et Steve Reich) ne s’est jamais répété, guidé par sa curiosité insatiable et son respect naturel pour toutes les (bonnes) musiques.

Side-Eye NYC, son dernier album en date, ne sonne pas comme l’oeuvre d’un sénateur du jazz en semi-retraite, mais comme l’enregistrement live d’un trio dont la fraîcheur d’inspiration laisse pantois d’admiration. Pat Metheny y relie son passé glorieux et son avenir radieux en réinventant la composition sublime qui avait donné son nom à son premier album, Bright Size Life. Une guitare, des claviers, une batterie : voilà un trio qui sonne comme un grand orchestre futuriste, emmené par l’un des plus grands jazzmen de l’Histoire, décidément toujours à la pointe de la modernité. Respect.

Sixun

Généralement, les groupes qui se reforment, ça ne marche jamais. Mais il faut bien des exceptions pour confirmer la règle : Sixun en est une, et pas des moindres !

Quinze ans après ce qu’on croyait être à tort leur ultime opus studio, Palabre, les Six qui ne font qu’un viennent de nous offrir un cadeau, Unixsity, enregistré par les membres historiques d’un groupe décidément toujours d’actualité : Alain Debiossat le saxophoniste, Louis Wingberg le guitariste, Jean-Pierre Como le claviériste, Michel Alibo le bassiste, Paco Séry le batteur et Stéphane Edouard le percussionniste. Unixsity est un disque radieux et chantant, énergique et mélodique, subtil et puissant.

Et quand on sait que depuis près de quarante ans ces six-là sont encore meilleurs sur scène, on ose à peine imaginer le bonheur qu’on éprouvera en le découvrant live… Car tout ce qui fait la richesse de leur jazz toujours aussi joyeusement métissé est là. Tout ce qu’on aime dans cette musique de citoyens du monde revit sous le soleil, exactement. Au moment où via les plateformes de streaming officielles, les plus jeunes sont enfin en train de découvrir leurs premiers albums cultes (Nuit Blanche, Pygmées, L’Eau De Là…), ce comeback inespéré sonne comme un doux miracle. Welcome back, Sixun !