Marcus Miller
Ezra Collective

Soirée

Marcus Miller

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On n’avait pas vu l’homme au chapeau et à la basse électrique magique sur la scène du Théâtre Antique depuis plusieurs années, et c’est un bonheur immense que de revoir ce “jazz-funk preacher” sur qui le temps ne semble pas avoir prise : à 63 ans, Marcus Miller joue avec la même énergie, la même gourmandise et la même générosité qu’aux premiers jours, quand il accompagnait un certain Miles Davis, dont il est aujourd’hui le disciple le plus inventif et le plus charismatique.

Depuis quelques années, ce natif de Brooklyn joue avec des jeunes musiciens qui, pour la plupart, n’étaient pas nés quand Tutu, ce chef-d’oeuvre qu’il avait composé et produit pour Miles en 1986, fit son apparition sur les facings des disquaires. C’est dire à quel point Marcus Miller prend son rôle de passeur très au sérieux, conscient que la musique instrumentale placée sous le signe de sa double culture, jazz et R&B, a encore de beaux jours devant elle si les grands anciens dont il fait désormais partie savent la transmettre aux générations futures.

En 2018, Laid Black, son dernier album en date, prouvait qu’il avait toujours la science du groove et le génie mélodique chevillé au corps. Il partagera tous ces trésors d’invention sur scène, accompagné des nouveaux visages du jazz. Grands moments à prévoir.

Ezra Collective

Dès ses débuts au début des années 2010, le quintette londonien s’est imposé comme l’une des formations phares de la nouvelle génération du jazz britannique qui captive le monde entier depuis un peu plus de cinq ans. Il faut dire qu’il y a dans cette sonorité bien à eux, dansante et sophistiquée, quelque chose d’universel qui a permis au groupe de toucher tant les fanas de jazz à l’affût d’une nouvelle avant-garde que les amoureux d’afrobeat, de hip-hop ou de dub.

Depuis la sortie d’un EP en 2017 puis de leur premier album, You Can’t Steal My Joy, deux ans plus tard, les membres du groupe n’ont cessé d’enregistrer tout en prenant le temps de développer leurs propres projets, en solo ou après des vedettes de la pop ou du jazz britannique comme Nubya Garcia, Jorja Smith ou Gorillaz, prélude à la sortie cet automne d’un nouvel album très attendu, Where I’m Meant To Be. Plus festif que jamais, sans rien renier de leurs influences qui vont de Max Roach à Fela Kuti et de Duke Ellington à Robert Glasper, ce disque marque le retour d’un groupe dont la scène est le moyen d’expression privilégié.